• Investissement immobilier
  • 5 octobre 2026

Hébergement local ou établissement touristique ?

Alojamento local na Ericeira, projecto do atelier Tiago R. Correia: fachada e pátio ao fim da tarde
Tourisme7 min de lectureMis à jour en octobre 2026

Qui veut accueillir des hôtes dans un bien a deux régimes devant lui : l’hébergement local (alojamento local, AL) et l’établissement touristique (empreendimento turístico). La question arrive souvent comme un choix : lequel des deux est le plus rentable. La loi ne la laisse pas si ouverte : il existe une frontière, et c’est le programme du projet qui dit de quel côté on se trouve.

Hébergement local à Ericeira, projet de l'atelier Tiago R. Correia : façade et patio en fin d'après-midi

Cet article compare les deux régimes, texte de loi en main : le décret-loi n.º 128/2014, dans la rédaction du décret-loi n.º 76/2024, pour l’hébergement local, et le régime juridique des établissements touristiques (RJET) pour le reste. L’image montre un hébergement local de l’atelier, à Ericeira.

L’essentiel en 30 secondes

  • Ce n’est pas un libre choix : si l’établissement réunit les exigences d’un établissement touristique, il ne peut pas être exploité en hébergement local.
  • L’AL a un plafond : 9 chambres et 27 personnes par établissement, sauf la modalité « quartos » (chambres chez l’habitant) et les hostels.
  • L’enregistrement de l’AL est une communication préalable avec délai, mais il exige une autorisation d’utilisation valable pour l’usage prévu.
  • Depuis novembre 2024, la commune décide : elle peut créer des zones de contention et des zones de croissance durable, avec leurs propres règles pour les nouveaux enregistrements.

1. La frontière : ce n’est pas un libre choix

L’hébergement local est le régime de ceux qui fournissent un hébergement temporaire, notamment à des touristes, contre rémunération (DL 128/2014, art. 2, n.º 1). Le même article ferme la porte dans l’autre sens : il est interdit d’exploiter en AL un établissement qui réunit les exigences pour être un établissement touristique (art. 2, n.º 2).

Hébergement local

Enregistrement à la mairie.Sans classement.

Maison, appartement, établissement d’hébergement ou chambres, jusqu’à 9 chambres et 27 personnes. Il ne peut pas utiliser d’étoiles ni se présenter comme établissement touristique (art. 17).

Établissement touristique

Projet par typologie.Classement obligatoire.

Hôtel, village de vacances, appartements touristiques, resort, tourisme d’habitation, tourisme rural ou camping, avec une autorisation d’utilisation à des fins touristiques.

La question utile n’est pas « lequel est le plus avantageux », mais « qu’est-ce que je conçois ». La taille, le type d’unités et le modèle d’exploitation définissent le régime.

2. Côte à côte

Les différences qui comptent dans une décision d’investissement, point par point :

Hébergement local Établissement touristique
Base légale DL 128/2014, dans la rédaction du DL 76/2024 DL 39/2008 (RJET) et arrêtés par typologie
Formes Maison, appartement, établissement d’hébergement (y compris hostel), chambres Sept typologies : hôtels, villages de vacances, appartements touristiques, resorts, tourisme d’habitation, tourisme en espace rural, campings
Capacité Maximum 9 chambres et 27 personnes (sauf chambres et hostel) ; « quartos » : maximum 3 Fixée par la typologie et le projet
Titre d’ouverture Numéro d’enregistrement, après communication préalable avec délai à la mairie Autorisation d’utilisation à des fins touristiques, délivrée par la mairie
Classement Aucun Obligatoire : Turismo de Portugal ou la mairie, selon la typologie
Turismo de Portugal Reçoit les enregistrements, pour information Avis facultatif et non contraignant sur le projet (hôtels, villages, appartements, resorts, hôtels ruraux)
Règles communales Règlement de l’AL, zones de contention et de croissance durable PDM et règles d’urbanisme générales

Sources : DL 128/2014, art. 3, 5 à 7, 11 et 15-A ; RJET, art. 4, 21, 26, 30 et 36.

3. Les limites de l’hébergement local

L’AL a trois plafonds, et ce sont eux qui décident en général si un projet tient encore dans le régime :

01 · Établissement

9 chambres

27 personnes

Sauf « quartos » et hostel · art. 11, n.º 1

02 · Chambres

3 chambres

chez soi

Dans la résidence et le domicile fiscal du loueur · art. 3, n.º 7

03 · Par immeuble

9 appartements

75 % des lots

Par exploitant, si les deux limites sont dépassées · art. 11, n.º 4

La capacité compte deux personnes par chambre, plus deux dans le salon pour les appartements et les maisons ; les lits convertibles ou d’appoint ne peuvent pas dépasser la moitié des lits fixes (art. 11, n.os 2 et 3).

La limite par immeuble compte aussi les enregistrements du conjoint, des ascendants et descendants et des sociétés ayant des associés communs (art. 11, n.º 6). Pour exploiter davantage d’unités dans le même immeuble, le décret lui-même renvoie au régime des appartements touristiques du RJET.

4. L’enregistrement de l’AL et le moment où intervient l’architecte

L’enregistrement se fait par communication préalable avec délai, adressée au maire via le Guichet unique électronique (Balcão Único Eletrónico) (art. 5 et 6). Le parcours compte quatre étapes :

De la demande à l’ouverture

01 · Demande

Communication préalable

au Guichet unique, avec l’autorisation d’utilisation

02 · Mairie

60 jours

pour s’opposer ; 90 en zone de contention

03 · Titre

Numéro d’enregistrement

seul titre d’ouverture au public

04 · Visite

Municipale

dans le même délai de 60 ou 90 jours

Sources : DL 128/2014, art. 5, 6 (n.º 9), 7 et 8.

Ce qui bloque d’habitude le dossier n’est pas le formulaire : c’est le bien. La communication doit indiquer l’autorisation d’utilisation ou le titre d’utilisation valable (art. 6, n.º 1, al. a)), et l’absence d’autorisation d’utilisation adéquate est un motif d’opposition (n.º 9, al. c)). Les usages valables sont ceux que définit le règlement communal ou, à défaut, ceux qu’admet la mairie (art. 6-B) :

  • dans la modalité « quartos », uniquement l’usage d’habitation ;
  • les maisons et appartements à usage non résidentiel doivent remplir les exigences du décret ;
  • pour les établissements d’hébergement, la mairie peut admettre d’autres usages.

En pratique

Si le bien n’a pas le bon usage, ou s’il faut des travaux, le chemin commence par une procédure d’urbanisme à la mairie, et seulement ensuite par l’enregistrement.

Les exigences minimales que le projet doit garantir :

Unités

Fenêtre ou balcon donnant sur l’extérieur, système d’occultation de la lumière et porte avec système de sécurité (art. 12).

Eau et assainissement

Eau chaude et froide ; réseau d’égouts ou fosse septique dimensionnée pour la capacité maximale (art. 12).

Incendie

Au-delà de 10 personnes, le régime de sécurité incendie s’applique ; jusqu’à 10, extincteur, couverture anti-feu, premiers secours et le 112 affiché (art. 13).

Assurances

Responsabilité civile avec un minimum de 75 000 € par sinistre ; en copropriété, aussi une assurance incendie (art. 13-A).

5. Ce qui a changé avec le DL 76/2024 : la commune décide

Depuis le 1er novembre 2024, les communes peuvent encadrer l’hébergement local par un règlement propre (art. 4, n.º 5) et délimiter, par paroisse, deux types de zones (art. 15-A) :

Art. 15-B

Zones de contention

La commune peut refuser de nouveaux enregistrements dans des biens loués comme logement au cours des deux années précédentes, fixer des limites par rapport au nombre de logements, donner une durée aux nouveaux enregistrements et limiter leur transmission.

Art. 15-C

Croissance durable

La commune peut exiger un état de conservation moyen ou supérieur, une classe énergétique D ou meilleure et une part minimale de logement dans l’immeuble.

Pendant la préparation du règlement, les communes peuvent suspendre les nouveaux enregistrements dans une zone délimitée jusqu’à un an (art. 15-B, n.º 2). Avant d’acheter pour faire de l’AL, c’est donc le règlement de la commune qu’il faut lire, et pas seulement la loi.

6. L’AL dans un immeuble en copropriété

Dans un immeuble en copropriété, le décret équilibre le droit d’exploiter et celui des autres copropriétaires. Installer un AL dans un lot n’est pas un usage contraire à sa destination (art. 6-B, n.º 4). Mais la copropriété dispose de trois outils :

2/3

des tantièmes pour interdire l’AL dans le règlement, seulement pour les enregistrements futurs

art. 6-B, n.º 5

> 1/2

pour demander à la mairie l’annulation d’un AL pour troubles répétés

art. 9, n.º 2

+30 %

maximum de la contribution supplémentaire sur la charge annuelle

art. 20-A

7. Quand l’établissement touristique a du sens

L’établissement touristique est le régime de ceux qui veulent, ou doivent, avoir plus d’échelle et un produit classé : un hôtel, un ensemble d’appartements touristiques, un village de vacances, un tourisme rural. Le projet suit les exigences de la typologie, le contrôle préalable se fait à la mairie et, à la fin, il y a une autorisation d’utilisation à des fins touristiques et un classement. Pour les hôtels, villages de vacances, appartements touristiques, resorts et hôtels ruraux, le promoteur peut demander à Turismo de Portugal un avis sur le projet, facultatif et non contraignant (RJET, art. 26).

Signes que le projet ne tient plus dans l’AL

— Plus de 9 chambres ou 27 personnes dans un seul établissement.

— Plus de 9 appartements du même exploitant dans un immeuble, au-delà de 75 % des lots.

— Le programme remplit les exigences d’une typologie d’établissement touristique : dans ce cas, la loi interdit l’AL.

Pour le parcours complet, voyez le guide du projet touristique , et en espace rural, les trois modalités du TER.

Du terrain à l’autorisation d’utilisation : conception et autorisation des projets touristiques.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre hébergement local et établissement touristique ?

L’établissement touristique remplit les exigences d’une des typologies du RJET et il est classé ; l’hébergement local offre un logement sans ces exigences, avec un enregistrement à la mairie et sans classement. Qui réunit les exigences d’un établissement touristique ne peut pas exploiter en AL (DL 128/2014, art. 2).

Quelle est la différence entre hébergement local et guest house ?

« Guest house » et « Bed & breakfast » sont des dénominations commerciales que les établissements d’hébergement et les « quartos » en AL peuvent utiliser (art. 17, n.º 4). Ils restent de l’hébergement local.

Que faut-il pour un hébergement local ?

Une autorisation d’utilisation valable, l’enregistrement par communication préalable avec délai, une assurance responsabilité civile (minimum 75 000 €), des unités avec fenêtre sur l’extérieur, l’eau chaude et froide, un livret d’information en portugais, en anglais et dans deux autres langues, et les règles de sécurité incendie adaptées à la capacité (art. 6, 12, 13 et 13-A).

Combien de chambres peut avoir un hébergement local ?

Jusqu’à 9 chambres et 27 personnes par établissement, sauf dans la modalité « quartos » (maximum 3, dans la résidence du loueur) et les hostels (art. 11 et 3, n.º 7).

La copropriété peut-elle empêcher un hébergement local ?

Elle peut l’interdire pour l’avenir, par une délibération des deux tiers des tantièmes, et demander à la mairie l’annulation d’un AL précis en cas de troubles répétés, à plus de la moitié des tantièmes (art. 6-B et 9).

Vous hésitez entre AL et établissement touristique ?

Envoyez-nous la localisation et ce que vous voulez installer. Nous vérifions l’usage du bien, les règles de la commune et le régime que votre projet exige.

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Sources officielles : Décret-loi n.º 128/2014 (version consolidée) · Décret-loi n.º 76/2024 · Déclaration de rectification n.º 39/2024/1 · Décret-loi n.º 39/2008 (RJET), version consolidée.

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